100 ans de périscopes Thales

Quelques jours avant le début du DSEI 2017, Thales et le Royaume-Uni ont célébré une date importante : le centenaire de la mise en service du premier périscope fabriqué pour la Royal Navy. Fait remarquable, Thales s’est dans l’intervalle imposé comme l’unique fournisseur de périscopes et de mâts optroniques de la Marine britannique.

Ce partenariat privilégié, vieux d’un siècle, en dit long sur nos collaborateurs et sur notre capacité d’innovation. Mais comment tout cela a-t-il commencé ? En pleine Première Guerre mondiale, la Navy a eu besoin d’une télémétrie précise pour ses périscopes sous-marins, essentiellement parce que ses technologies de torpillage étaient encore limitées et qu’il lui fallait de plus en plus souvent opérer à couvert. À l’époque, l’Écossais Barr & Stroud Ltd, qui fait aujourd’hui partie du Groupe Thales, était le principal fournisseur de télémètres du Royaume-Uni. En décembre 1915, cette entreprise basée à Glasgow a été approchée par le capitaine de vaisseau S.S. Hall de la Royal Navy : il s’agissait d’étudier la possibilité de concevoir et de produire un périscope équipé d’un télémètre de ce type.

Étonnamment, le premier prototype a vu le jour dès juillet 1916. La Navy a alors immédiatement passé commande de six périscopes-télémètres FY1 – le premier lui fut livré moins d’un an plus tard, en août 1917. Le reste appartient bel et bien à l’histoire.
 

BarrStroud - Thalesgroup

100 ans : principales dates et avancées

1919-1939 : premier vrai périscope binoculaire, le CK1 facilite beaucoup les longues durées d’observation. Thales développe sa clientèle à l’export, en l’étendant notamment à l’Espagne, aux États-Unis, à la France et à la Pologne.
 

SubmarineWW - Thalesgroup

2nde Guerre mondiale : pendant l’opération Source en septembre 1943, un petit groupe de sous-marins miniatures X-Craft, équipés chacun d’un périscope Thales CL8, attaquent le Tripitz, cuirassé allemand de 52 000 tonnes, à Kåfjord dans le nord de la Norvège. Les officiers en charge, décorés de la Victoria Cross, se rendront par la suite à Glasgow pour remercier le personnel de l’entreprise.

Années 1950 et 1960 : alors que le monde s’enfonce dans la guerre froide, les périscopes de recherche CK24 et d’attaque CH74, optimisés pour la surveillance et le renseignement, équipent les sous-marins de classe Oberon, à propulsion diesel et électrique.

Fin des années 1960-début des années 1980 : premier périscope à imagerie thermique au monde (CH82) et premier périscope à télémétrie laser (CH80). Le passage à l’électronique, déterminant pour l’avenir, ouvre la voie à de nouvelles évolutions au niveau des capteurs.

Milieu à fin des années 1980 : les périscopes CK35 et CH85 sont dotés de télécommandes pour les principales fonctions. Les images réalisées par imagerie thermique et capteurs TV sont désormais pilotées et visualisées sur écran depuis la salle de contrôle, parvenant à toute l’équipe de commandement et non plus au seul commandant. Cette technologie de télécommande atteint enfin un niveau de maturité suffisant pour faire naître une nouvelle génération de capteurs de surface – les mâts optroniques.

1998 : l’essai en mer, à bord du HMS Trenchant, du premier mât optronique CM10 de Thales améliore considérablement les capacités de visualisation en surface de la Royal Navy. Aujourd’hui, chaque sous-marin Astute compte deux mâts optroniques CM10 Thales, munis chacun d’un bloc senseurs ESM/EW entièrement intégré et d’une capacité d’imagerie TV et thermique télécommandée avec affichage sur des consoles dans la salle de contrôle.
 

Astute - Thalesgroup

 

Célébration du centenaire

Le 31 août, une cérémonie célébrant le 100e anniversaire de la fourniture du premier périscope Thales à la Royal Navy a eu lieu dans les locaux du Groupe à Glasgow, en présence de Mme Harriett Baldwin, secrétaire d’État britannique chargée de l’approvisionnement des armées.

 

SeaPeriscope - Thalesgroup

« Cet anniversaire, fierté de l’ingénierie écossaise, marque l’importance de sa contribution à la défense et à la sécurité du Royaume-Uni, a affirmé la ministre. Des générations d’ingénieurs écossais de haut niveau ont doté d’yeux et d’oreilles nos sous-marins nucléaires de dissuasion et d’attaque et offert aux forces armées britanniques les technologies militaires dont elles avaient besoin – tout en exportant leurs innovations dans des dizaines de pays. »

Le Directeur général de Thales UK, Victor Chavez, a souligné les remarquables avancées technologiques réalisées tout au long de ces cent années, tout en gardant les yeux rivés sur l’avenir. « Nos tout derniers systèmes optroniques non pénétrants télécommandés donnent aux architectes navals plus de souplesse dans la conception, en leur permettant de disjoindre le kiosque et la salle de contrôle grâce à un périscope de 50 pieds. Ces options, associées au système numérique embarqué de commande et de visualisation, améliorent considérablement les capacités des sous-marins. »

Plus d’informations sur le centenaire ici. Suivez ce thème sur les médias sociaux avec le hashtag #ThalesScope100.

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