Aller au contenu principal

Construisons un métavers de confiance

Extension numérique virtuelle de notre univers, le métavers offre, selon toute apparence, une myriade d'opportunités pour les particuliers, les entreprises et l’industrie. Mais quelle que soit la finalité pour l'utilisateur, la cybersécurité reste l'un des enjeux majeurs pour assurer un haut niveau de confiance en protégeant les données et les identités, en préservant la vie privée.

Didier Hugot, VP Innovation & Technology et Chief Data Officer de l'activité Identité et Sécurité numériques de Thales, nous en dit plus.

Qu’est-ce que le métavers ?

Didier Hugot : Excellente question ! Car il existe de nombreuses réponses possibles. Le fait est que chacun y voit ce qu’il veut y voir ! Pour Thales, il est essentiel que nous nous accordions sur une définition et une vision communes du métavers, avec nos partenaires, nos clients et d'autres entreprises. Et je peux vous dire que ce n’est pas chose aisée ! 

© Thales

Commençons par cette question simple : comment accède-t-on au métavers ? Par une simple représentation 3D sur un écran ou par une expérience plus immersive, à l'aide d'un casque de réalité mixte ou de réalité virtuelle ? En fait, le métavers implique un large éventail de technologies telles que les jumeaux numériques, la réalité virtuelle, l'intelligence artificielle, le web3, le NFT, et bien d'autres.

Mieux analyser ce qu'est réellement le métavers nous permet de mieux comprendre ces technologies sous-jacentes, d’étudier différents cas d'usage, et, donc, de mieux identifier les opportunités commerciales.

Schématiquement, je dirais que le métavers, en plus d'être une « mégatendance », constitue un moyen d'améliorer les interactions interpersonnelles grâce à une expérience numérique immersive. Il peut également être utilisé comme un moyen de numériser le monde physique afin d'optimiser l'efficacité opérationnelle.

Cependant, plutôt que de tenter de trouver une définition unique, nous préférons considérer le métavers sous différents angles : le « métavers consommateur », dans lequel les personnes peuvent vivre une seconde vie dans un monde virtuel numérique 3D avec des interactions sociales améliorées, le « métavers entreprise » dans lequel des équipes peuvent mieux collaborer dans des environnements de travail et le « métavers industriel » qui doit permettre aux entreprises d’optimiser les chaînes d'approvisionnement et les processus industriels dans les usines.

À quels défis le métavers est-il confronté ?

Comme vous pouvez vous en doutez, le métavers présente de nombreux défis liés à la sécurité, en matière de protection des données, des identités, et à la nécessité de garantir un haut niveau de confidentialité.

Pour entrer dans le métavers, vous devez créer un avatar. Ce qui signifie que vous pouvez être ce que vous voulez et qui vous voulez. Il est cependant important que vous puissiez être identifié - d'une manière qui préserve votre vie privée - et tenu responsable de vos actions dans la vie réelle. Comment pouvez-vous être sûr que quelqu'un est vraiment celui qu'il prétend être dans le métavers ? Il s'agit d'une exigence essentielle, par exemple dans un environnement de travail où vous pouvez partager des informations sensibles ou dans un espace de consommation pour effectuer une transaction de paiement numérique. La question de la confiance est fondamentale.

La deuxième problématique est celle de la vie privée. Dans le métavers, vous devriez pouvoir faire ce que vous faites dans la vraie vie sans que vos actions soient nécessairement observées ni enregistrées, tant qu’elles demeurent licites naturellement. Mais cette gestion de la vie privée et de ses limites doit tenir compte des différences culturelles qui existent sur ce sujet. Nous pensons que cette question ne peut être traitée qu'avec l'aide d'organismes de normalisation et d’institutions, dans le respect des réglementations sur la protection des données personnelles. Et Thales entend contribuer à ce débat de manière très active parce que ce sont des questions que le Groupe connaît bien.

Il est essentiel de garder à l'esprit que ce qui s'applique au monde physique s'applique également au métavers. Nous protégeons les données et les identités personnelles et nous sécurisons les communications. Notre objectif est de jouer également le rôle de tiers de confiance pour le métavers, en garantissant une expérience sûre et sécurisée pour tous.

Notre objectif actuel est de tirer parti de notre expertise et de nos technologies dans des domaines tels que le portefeuille de documents d'identité numérique, les solutions de protection des données, les composants sécurisés, les algorithmes biométriques et les services d'authentification forte, pour construire une stratégie avec une proposition de valeur claire qui répond aux besoins réels des utilisateurs.

Nous discutons régulièrement de ce sujet avec nos clients. D’ailleurs, nous initions actuellement des activités de co-innovation avec un partenaire, concernant notamment une application industrielle pour le marché automobile.

Vous décrivez le métavers comme une « mégatendance ». Qu’entendez-vous par là ?

Pour nous, les mégatendances sont des technologies qui créent beaucoup de buzz et promettent de remodeler l'avenir. On peut citer aussi les crypto-monnaies, les green tech, les identités numériques auto-souveraines et l'informatique quantique comme exemples de ces « mégatendances ».

Ces mégatendances agitent beaucoup la toile et les médias, elles paraissent « cool »… mais dans nos laboratoires, nous les étudions en profondeur, nous y acculturons nos collaborateurs et nous explorons les opportunités potentielles afin de nous positionner au mieux sur ces écosystèmes et apporter de la valeur à nos clients et à leurs utilisateurs. Bref, nous nous efforçons d’avoir une approche raisonnée et structurée de ces « mégatendances » et, en particulier, du métavers.