5G : connectivité devra rimer avec sécurité

5G : connectivité devra rimer avec sécurité

Les réseaux 5G devraient connaître un déploiement d’une rapidité sans précédent avec, d’ici 2025, 65 % de la population mondiale couverte et 2,6 milliards d'abonnés : telles sont les conclusions d’une étude récente menée par l’équipementier suédois Ericsson*. De nombreux pays dans le monde proposent déjà des services commerciaux 5G. Fin 2019, l’association mondiale des fournisseurs de téléphonie mobile (GSA) recensait 61 opérateurs  proposant des services commerciaux 5G dans 34 pays différents.

La 5G est porteuse d’un vaste potentiel par rapport aux réseaux précédents. Elle offre, en particulier, un accroissement considérable de la bande passante et des vitesses de transmission des données 10 à 20 fois supérieures à celles des réseaux 4G. La latence, à savoir le temps nécessaire à un paquet de données pour passer de la source à la destination à travers un réseau, sera réduite à 1 milliseconde (contre 10 ms en 4G), un atout essentiel pour les communications « machines à machines » et le développement de l'intelligence artificielle (IA) à l'échelle industrielle.

Toutefois, ce gain de connectivité a un prix. Nos réseaux et nos données devront, plus que jamais, être protégés contre les attaques extérieures.
« Nous devons nous assurer que nos déploiements garantissent un niveau de sécurité adéquat », affirme Benoit Jouffrey, directeur Expertise 5G chez Thales. « La sécurité est au cœur de la culture de Thales et elle commence par une authentification sécurisée. »

Parmi les nouvelles fonctionnalités offertes par la 5G, figure par exemple le chiffrement de l’identification sur une carte SIM.
Par ailleurs, de nouveaux types de réseaux vont être déployés, comme par exemple les réseaux mobiles privés. Ceux-ci seront plus que jamais déployés en 5G, s’appuyant notamment sur le découpage réseau (network slicing), qui permet d’adapter un segment entier du réseau, de la bordure au cœur, aux besoins spécifiques du client.

« Il nous faut examiner de nouveaux modèles de déploiement de réseaux reposant sur de nouvelles technologies utilisateur qui peuvent nécessiter des mesures de protection supplémentaires », explique Benoit Jouffrey. « La nature du réseau est nouvelle et dépend beaucoup plus du cloud et de la virtualisation. »

Cette nouvelle technologie rend également le concept de « ville intelligente » plus tangible. En effet, le bon fonctionnement des systèmes de gestion de la circulation et des réseaux électriques automatisés reposera fortement sur des liaisons 5G avec l'IA et l'Internet des objets. Toutefois, la dépendance accrue à cette technologie suscite inévitablement des inquiétudes concernant d'éventuelles failles de sécurité.
Selon un rapport de l'Union européenne sur l'évaluation des risques liés à la sécurité des réseaux de cinquième génération (5G) publié en octobre 2019, il ressort que les défis majeurs de sécurité sont « liés à l’accès accru des fournisseurs tiers aux réseaux et aux interdépendances entre les réseaux 5G et les systèmes tiers, ainsi qu’au degré de dépendance envers certains fournisseurs. »
C’est pour cette raison que des associations telles que la GSMA** étudient une nouvelle certification concernant les fournisseurs d'équipements réseau afin de garantir une sécurité de bout en bout. L'UE appelle également à un renforcement du dialogue entre les fournisseurs, les opérateurs de réseaux mobiles, les groupes de normalisation et les régulateurs afin de favoriser le partage d’informations sur les éventuels problèmes liés à la 5G et leurs solutions, dans l’éventualité d'élaborer un programme européen de certification 5G.
« La sécurité est un défi sans fin », explique Benoit Jouffrey. « Si nous voulons que la 5G que nous fournissons soit une réussite, elle doit être fiable et sûre. »
 
*Rapport 2019 d’Ericsson sur la mobilité
**La GSMA, qui représente les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile dans le monde entier, rassemble plus de 750 opérateurs et quelque 400 entreprises de l'écosystème mobile au sens large.