Rugby : quand la navigation par satellite entre dans la mêlée

Il y a quelques heures, les secours ont évacué Johann, jeune rugbyman de 21 ans, de la pelouse d’un stade lors d’une rencontre de rugby amateur. Le demi d’ouverture a été percuté à pleine vitesse par un joueur adverse au physique imposant. Le choc lui a fait perdre connaissance quelques instants.

À l’hôpital, les médecins l’ont pris en charge dès son arrivée. Chacun avait en tête les risques encourus par les joueurs dans ce type de circonstances. Heureusement les examens sont rassurants. Johann va bien.

Avec le KO qu’a subi le jeune athlète, la décision à prendre pour les secours était évidente : il fallait l’évacuer du terrain. Mais souvent, les joueurs parfaitement entraînés et habitués à ces chocs les encaissent sans toujours se rendre compte des répercussions potentielles. Difficile alors pour les équipes médicales de savoir à quel moment il faut faire sortir un joueur.

Un partenariat de recherche entre Thales, le département Accompagnement de la performance de la Fédération française de Rugby (FFR)et l’Agence Spatiale Européenne

Améliorer les performances des joueurs tout en garantissant leur sécurité est au cœur des préoccupations de la FFR. L’instance a créé en 2002 une cellule recherche et développement qui recueille de nombreuses mesures sur la position des joueurs, leur vitesse ou leur rythme cardiaque durant les entraînements ou lors des rencontres. Ces mesures proviennent de récepteurs GPS placés entre les omoplates des joueurs.

Grâce à celles-ci, les membres de la cellule R&D de la FFR tentent actuellement d’améliorer l’identification des accidents sur le terrain et ce afin de préserver la santé des joueurs. Cependant, la fiabilité des relevés sur la position des athlètes ainsi que la qualité de la transmission des données ne sont pas toujours au rendez-vous, surtout les jours de match.

Une collaboration ancienne entre Thales et la FFR :

Depuis 2010, l’équipe de France s’entraîne avec un simulateur de mêlée conçu par Thales. Un outil unique au monde capable de générer une poussée de plusieurs tonnes dans toutes les directions !

En septembre 2018, le département Accompagnement de la performance de la direction sportive de la FFR a décidé de confier à Thales la direction d’un partenariat de recherche sur la question. L’Agence Spatiale Européenne  qui pilote Galileo, le système européen de géolocalisation par satellite, est également associée au projet.

Des erreurs de géolocalisation aux causes multiples

À Toulouse, terre fameuse de rugby, les ingénieurs spécialisés dans la navigation par satellite de l’activité Systèmes d’Information Critiques et Cybersécurité de Thales bénéficient d’une expérience solide dans ce domaine de la géolocalisation satellitaire. Une expertise acquise notamment dans le cadre de projets pour des clients du secteur spatial comme le CNES ou l’Agence Spatiale Européenne.

Pour répondre à la problématique de la FFR, l’équipe toulousaine a cherché à comprendre les facteurs qui viennent perturber le signal des satellites. Et dans les stades, ils sont multiples :

  • D’abord, l’enceinte verticale du bâtiment cache en partie le signal. Un problème récurrent observé dans les villes qui possèdent de hauts immeubles. C’est ce qu’on appelle l’effet de canyon urbain.

  • Ensuite, comme dans des rues étroites ou dans un tunnel, le signal peut rebondir sur les parois et se perdre en erreurs multi-trajets.

  • Enfin, les ondes émises par les chaînes de télévisions qui retransmettent les matchs et les téléphones mobiles des  dizaines de milliers spectateurs installés dans les gradins déboussolent aussi largement les transmissions des données des récepteurs.

Dans ces conditions, obtenir un signal de qualité relève de la prouesse ! Et les ingénieurs de Thales comprennent vite que pour relever le défi, il va falloir être créatif.

Geonav IoT donne l’alerte

Pour marquer l’essai, les ingénieurs de Thales ont développé pendant des mois la solution innovante Geonav IoT. Ils ont commencé par concevoir un algorithme de positionnement précis s'appuyant sur le Global Navigation Satellites System (GNSS) : principalement l’européen Galileo, mais aussi l’américain GPS, le chinois Beidu ou encore le russe Glonass. La disponibilité du signal est ainsi bien plus large.

Pour supprimer les erreurs multi-trajets et l’effet de canyon urbain, ils ont décidé de compléter leur dispositif par l’utilisation d’un réseau d’antenne Ultra Large Bande (UWB). À la demande de Thales, la société française spécialisée Sigfox a également permis l’accès à son réseau Internet des objets (IoT) dans l’enceinte du Stade de France.

Désormais, quand les récepteurs placés sur les joueurs ne captent plus le signal du satellite, les antennes UWB prennent le relais. Geonav IoT obtient dès lors une localisation en temps réel des athlètes d’une précision inférieure à 1 mètre aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du stade. Le signal reste accessible à 100%. L’essai est transformé.

La solution est, de plus, capable de donner l’alerte via le réseau IoT dans le but, à terme, de permettre aux équipes médicales d’intervenir plus rapidement auprès d’un joueur ayant reçu un choc. Grâce à ces alertes et aux données recueillies par Geonav IoT, les équipes médicales pourront ainsi mieux identifier et prendre en charge des accidents tels que les commotions cérébrales. En cas de chocs violents ou répétés, les joueurs pourront être extraits du terrain et examinés par des médecins.

Avec la solution Geonav IoT de Thales, la FFR dispose désormais de données de localisation des joueurs fiables. Elles sont précieuses pour améliorer leur performance. Mais surtout, elles constituent une véritable avancée pour la santé des joueurs et contribuent à ce que le Rugby reste avant tout LE sport convivial par excellence.  

 

Pour en savoir plus sur la solution Geonav Iot :