Une Saint Valentin aux couleurs de Mars !

Entre le module orbital de la mission ExoMars 2016 et la communauté scientifique, c’est l’amour fou ! Grâce au satellite TGO (Orbiteur Traceur de Gaz) et la mission ExoMars 2020, incluant le rover de l’Agence Spatiale Européenne, nous aurons sans doute la réponse à la fameuse question existentielle de David Bowie : « Is there Life on Mars ?»… ou plutôt, devrait-on dire « Y-a-t-il eu, par le passé, de la vie sur Mars » ? Tout un programme…

 

Le rôle central de l’orbiteur :
 

Thales Group - ExoMars_1100


En mars 2016, la première mission ExoMars était lancée à destination de la Planète Mars. 500 millions de kilomètres plus tard, le vaisseau a éteint l’atmosphère martienne en octobre 2016. Depuis, le module orbital, destiné à « renifler » l’atmosphère de mars pour essayer d’y découvrir des traces de méthane, a effectué un parcours considérable… Il ne reste plus que quelques jours avant qu’il ne s’insère dans son orbite définitive autour de Mars.
 
Rappelez-vous, en mars 2017, l’orbiteur avait effectué une série de manœuvres pour amorcer la phase d’aérofreinage. Elles lui ont permis de réduire sa vitesse, en utilisant la mince atmosphère martienne ; l’objectif étant d’atteindre l’orbite définitive, la plus appropriée pour mener sa mission scientifique.
 
Une fois l’orbite définitive atteinte, le TGO sera fidèle au poste jusqu’en 2022. Il servira de relai de télécommunications pour les futures missions d’exploration à destination de la Planète Rouge.
 
 

Cap sur la Planète Mars avec ExoMars 2020 :
 

Thales Group - ExoMars_Cartoon


Dans le cadre d’ExoMars 2020, le rover (astromobile de la taille d’une voiturette de golf), poursuivra la mission initiale en effectuant des forages du sol martien à 2 mètres de profondeur. Ce sera une véritable première mondiale ! Les échantillons prélevés seront analysés par l’entremise d’un laboratoire scientifique logé l’intérieur du rover [on cherche à découvrir l’existence potentielle de bactéries et de fossiles]. Les données seront ensuite transmises via le module orbital qui, mission de « Traceur de Gaz » mise à part, servira de relai de communications vers la Terre à la fois pour les rovers de la NASA et le futur rover de l’ESA. Le rover européen devrait être opérationnel à la surface de Mars au printemps 2021.
 
 

2ème rencontre avec notre spécialiste Mario Montagna (Thales Alenia Space) :
 

Thales Group - TGO_1100


Mario, la dernière fois que nous nous étions rencontrés, c’était au mois de mars 2017, à votre retour de l’ESOC (Centre Européen des Opérations Spatiales). Vous aviez participé aux opérations liées au démarrage de la phase d’aérofreinage. Quelles sont les dernières nouvelles du front concernant le TGO ? 
 
M. Montagna : Depuis l’an dernier, les développements liés au TGO sont extrêmement positifs. La phase délicate, comme vous le savez, d’aérofreinage a débuté le 15 mars 2017. Elle est toujours en cours. Elle est même en phase de finalisation, conformément au calendrier initial. La performance, en ligne avec les spécifications attendues, est au rendez-vous. 
 
Cette phase d’aérofreinage a permis, rappelez-vous, de réduire à 2 heures [contre 24h auparavant] la durée de la rotation du satellite autour de Mars. En d’autres termes, nous sommes parvenus à réduire la distance maximale entre l’orbiteur et la Planète Mars de 30 000 à 1000 kilomètres. Grâce à l’excellent comportement du TGO, cette étape cruciale devrait s’achever aux alentours du 22 février.

 
Thales Group - Circularisation_1100


Compte tenu de la complexité des opérations menées depuis un an [il y a eu tout de même plusieurs centaines de commandes effectuées par position orbitale], nous sommes ravis de vous informer que la performance de l’orbiteur a toujours été au rendez-vous ! Nous n’avons rencontré aucune difficulté opérationnelle [à aucun moment le satellite n’a été mis en mode sécurité par exemple].
 
Entre les mois de juin et septembre 2017, les opérations ont dues être interrompues car le soleil s’est retrouvé à l’intersection entre la Terre et la planète Mars. C’est un phénomène que nous avions anticipé que l’on appelle la « conjonction supérieure ». Cela se traduit par des perturbations momentanées des communications radio. Pendant cette phase critique, les ingénieurs ont modifié le logiciel de bord afin d’améliorer le système. Une fois les communications rétablies, le nouveau logiciel a pris le relai. La phase d’aérofreinage a pu recommencé en toute transparence.

 
Thales Group - Rover_1100


Les premières images devraient nous parvenir à la mi-avril. Lorsque la phase d’aérofreinage sera terminée, nous aurons 6 semaines pour vérifier et réactiver les instruments à bord. Ce sera le top départ officiel de la mission scientifique ! Avant que la phase d’aérofreinage ne débute, nous avions pu avoir un avant-goût de la mission scientifique, avec l’activation des premiers instruments lorsque la position orbitale du satellite était la plus proche de la Planète Rouge. Les résultats étaient déjà très satisfaisants. A présent que nous nous approchons à pas de géant de la position orbitale définitive, la communauté scientifique retient son souffle à l’idée de pouvoir enfin commencer ses travaux !

 
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Vues d'artiste :
© ESA/ATG medialab - Rover © Thales Alenia Space/Master Image Programmes
Cartoon: ©  ASTER