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Ecoresponsable ? Oui, mais comment ?

Comme chaque année depuis 1974, le 5 juin est célébrée la Journée mondiale de l’environnement organisée par les Nations unies.  Cette journée importante pour encourager la mobilisation en faveur de la planète constitue aussi un moment opportun pour dresser un bilan, non exhaustif, des actions engagées par Thales dans le domaine de la responsabilité environnementale avec Sophie Le Pennec, directrice chargée des questions de santé, de sécurité et d’environnement.

© Thales

Comparées à d’autres industries, les activités de Thales ne sont pas particulièrement polluantes. Pourtant, la prise de conscience et la mobilisation du Groupe en faveur de l’environnement ne sont pas neuves…

Cela fait en effet plus de quinze ans que nous conduisons une politique déterminée en la matière. Dès les années 2007-2008, nous nous sommes fixés des objectifs ambitieux, d’abord pour mesurer l’impact de nos activités puis pour le limiter. 

Les chiffres témoignent de cette dynamique [voir infographie]. Nous lui avons donné une nouvelle impulsion en 2019 en adoptant notre politique bas carbone puis, l’an dernier, en devenant signataire des principes et recommandations de la Task force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD) pour un futur bas-carbone, en ligne avec les scénarios qui ont résulté de l’accord de Paris.

© Thales

Sur quels leviers comptez-vous agir pour respecter cet engagement ?

Notre stratégie bas carbone repose sur trois piliers : réduire nos émissions et celles de nos produits et équipements ; proposer à nos clients des solutions écoresponsables ; contribuer à mieux comprendre le changement climatique, en particulier grâce à notre expertise spatiale. 

Commençons par la réduction des émissions à effet de serre…

Nous avons déjà fait un gros travail en réduisant de 35 % les émissions directes opérationnelles du Groupe en 2020 par rapport à notre référence, 2018. Il nous faut rester vigilants suite à la crise que nous avons traversée l’an dernier, en particulier au regard de nos objectifs de 2030 de réduire de 40 % nos émissions directes et de 15 % nos émissions indirectes.  

Comment pensez-vous les atteindre ?

D’abord grâce à l’engagement de tous les collaborateurs en interne.  Ensuite, en innovant : lignes de produits possédant une réelle identité verte, efficience énergétique des bâtiments, miniaturisation des systèmes, mutualisation des fonctions au cœur d’un même appareil, autonomie énergétique des produits, mobilité verte, chargement de batteries par des panneaux solaires, voilà quelques-unes des pistes que nous explorons pour rendre nos équipements et nos activités plus sobres en énergie.

Deuxième pilier de votre stratégie bas-carbone : une offre client plus écoresponsable…

D’ici 2050, 75 % de la population mondiale vivra dans les villes. Il s’avère prioritaire de créer les conditions d’une mobilité durable pour contribuer à la réduction des émissions de CO2. Nous travaillons sur des solutions éco-conçues au bénéfice des opérateurs de transport aérien et terrestre, en proposant des fonctions à la fois plus efficaces sur le plan opérationnel et réduisant significativement l’impact environnemental Ces solutions permettent, par exemple, de diminuer les temps de vols, de sécuriser les trajectoires, de réduire la consommation de carburants fossiles et d’adapter le trafic aux besoins réels des usagers en temps réel.

Plus globalement, et quel que soit leur secteur d’activité, nos clients sont de plus en plus exigeants en matière de responsabilité environnementale et ce, dès la phase précontractuelle au travers de clauses ad hoc dans les appels d’offres. 
Nos équipes sont très engagées pour développer, conformément aux engagements du Groupe, des produits et systèmes écoresponsables qui respectent, voire anticipent, les réglementations en matière environnementale, et qui proposent les fonctions permettant de réduire les impacts environnementaux, créant ainsi de la valeur pour les clients et constituant des éléments différentiateurs sur le marché.

C’est un travail de fond important nécessitant de prendre en compte la dimension environnementale durant la totalité du cycle de vie du produit.

Enfin, vous citiez la compréhension des phénomènes climatiques…

Cette compréhension est fondamentale si l’on veut mieux modéliser les phénomènes climatiques, en particulier ceux liés au réchauffement climatique. Pour réaliser ces modèles numériques, il s’agit de recueillir des données précises et fiables, un sujet d’excellence pour Thales, grâce, notamment, à sa compétence en matière de satellites d’observation.  

La grande majorité des satellites de météorologie géostationnaire européens ont été construits sous la maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space. L’an dernier, la société a de nouveau été sélectionnée pour cinq des six missions de la nouvelle phase de Copernicus, le programme phare d’observation de la Terre de la Commission européenne et de l’Agence spatiale européenne. Thales sera notamment le maître d’œuvre des missions CHIME (imagerie hyperspectrale pour l’agriculture, la sécurité alimentaire, l’état des sols, la biodiversité, etc.), CIMR (pour mesurer la température de la surface des océans) et Rose-L (surveillance de l’humidité des sols et l’épaisseur des glaces polaires). Le Groupe sera également responsable de la charge utile de la mission CO2M destinée à la surveillance des émissions de CO2. 

Passons maintenant au volet interne. Comment Thales s’efforce-t-il de réduire sa propre empreinte environnementale ?

L’un de nos principaux axes de travail porte sur la réduction et le recyclage de nos déchets : nous nous sommes engagés à recycler 75 % de nos déchets non dangereux d’ici 2023 en référence à 2018. Les comportements sont donc essentiels, tout particulièrement pour éviter la production de déchets avant même le recyclage.

Bien d’autres actions lancées depuis plus de vingt ans comme celles visant à limiter notre consommation en eau ou celles destinées à préserver la biodiversité, contribuent à réduire notre empreinte environnementale. Ces actions font évidemment la part belle aux initiatives locales, et je peux vous dire qu’elles sont nombreuses et bien souvent innovantes. Je tiens ici à remercier tous les acteurs, il nous faut continuer.

Aujourd’hui, notre monde est de plus en plus numérique. Mais cette numérisation est également très consommatrice d’énergie…

En effet. C’est un aspect que nous regardons de très près et, pour ne vous donner qu’un exemple, nous travaillons pour mettre au point des solutions innovantes en matière de gestion du froid dans les Data Centers et celle de l’énergie pour nos solutions dans le cloud.

En outre, les travaux conduits actuellement dans nos laboratoires de recherche sur le quantique et les nanoneurones artificiels sont porteurs de possibles révolutions dans le domaine environnemental aussi. Elles pourraient permettre de diminuer par 100 voire 1 000 les besoins énergétiques des applications nées de l’intelligence artificielle. 

D’autres idées innovantes, d’autres avancées technologiques, sans oublier nos contributions individuelles vont aussi nous permettre de maîtriser certaines problématiques environnementales. Car « construire ensemble un avenir de confiance », la raison d’être de Thales, c’est aussi protéger notre planète et assumer notre responsabilité en matière d’environnement pour les générations à venir.

Téléchargez le Rapport Annuel Environnement 2020 de Thales.

Thales Solidarity aussi…
Dans le cadre de son programme d’engagement sociétal, Thales Solidarity programme, Thales s’engage également pour la protection de l’environnement. Au travers d’actions solidaires, le Groupe soutient la transition écologique en favorisant : 
•  la résilience des populations face aux risques environnementaux
•  la prévention et la gestion des atteintes à l’environnement
•  la création de solutions locales “low tech” à but non lucratif
Retrouvez tous les engagements de Thales Solidarity

 

Avant de crier au loup, observons-le !
Respecté, vénéré ou redouté, le loup occupe une place particulière dans l’imaginaire humain depuis la nuit des temps. Loin des fantasmes et des superstitions, Jean-Marc Landry et sa fondation s’attachent à observer et étudier scientifiquement le comportement de ces canidés grâce à des caméras thermiques portables qui permettent de voir la nuit comme en plein jour.
« C’est une vraie révolution dans notre connaissance des loups. Avant, on imaginait comme ils se comportaient la nuit en présence de troupeaux ou on se basait sur les récits des bergers. Aujourd’hui, grâce à ces caméras, on sait. On peut enregistrer, étudier leur comportement de manière scientifique », s’enthousiasme Jean-Marc Landry, le directeur de la fondation éponyme1.
© 123RF/tom tietz
C’est il y a un peu plus de quatre ans que s’est noué ce partenariat original. Quoi de commun entre la petite fondation suisse et le groupe de haute technologie ? Une passion commune pour la connaissance scientifique. « L’apport de ces caméras Sophie est très important, précise Jean-Marc Landry. La capacité de filmer et de zoomer, de nuit, à plusieurs kilomètres, la stabilité et la légèreté des caméras, la facilité avec laquelle on peut changer les batteries, même avec des gants, ainsi que la qualité de l’image obtenue nous ont permis de réaliser de nombreuses "premières" : voir comment le loup s’y prend pour sauter une clôture, comment il attaque une brebis ou même un veau, observer aussi comment une vache parvient à protéger son petit, et même, quel paradoxe, voir un loup dormir à côté d’un troupeau de moutons, tout cela est pour nous d’un apport inestimable. » La fondation a pu ainsi tester plusieurs modèles de caméras Sophie depuis le début du partenariat. 
Savoir pour mieux vivre ensemble
Loin des polémiques, l’objectif de la fondation est, en étudiant scientifiquement le comportement des loups, de trouver, avec les éleveurs, les meilleures solutions pour protéger les troupeaux et, par là même, de favoriser la cohabitation entre l’homme et l’animal.
Du côté de Thales aussi, l’expérience est riche d’enseignements. « D’abord, explique Christophe Salomon, directeur général adjoint pour les systèmes terrestres et aériens de Thales, l’équipe de la fondation nous apporte d’intéressants retours d’expérience sur le fonctionnement de nos caméras thermiques dans le cadre d’une utilisation qui n’est pas celle d’origine puisqu’elles sont d’abord conçues pour les militaires. Ensuite, il est fréquent de dire que l’armée se tourne vers les technologies civiles pour améliorer sa capacité opérationnelle. Eh bien, là, c’est l’inverse. Thales a su proposer un équipement militaire pour répondre à des besoins scientifiques et environnementaux. Cette démarche de service  qui nécessite une agilité certaine pourrait donc être explorée auprès d’autres acteurs civils dont la mission est parfaitement cohérente avec la responsabilité environnementale de Thales ». 
1 Organisme suisse à but non lucratif, la fondation Jean-Marc Landry est reconnue de pure utilité publique. Active sur le plan européen, et plus particulièrement en France et en Suisse, elle travaille à la préservation de la biodiversité, à la conservation d’espèces et de milieux menacés, ainsi qu’à l’amélioration de la coexistence entre les grands prédateurs et les activités humaines, tout particulièrement le loup et le pastoralisme. Pour en savoir plus : Fondation Jean-Marc Landry et https://ipra-fjml.com.