L’AppleWatch, un pas de plus vers la connectivité de demain ?

Le 24 avril 2015, Apple lancait sa nouvelle innovation : l’AppleWatch. Après l’iPod, l’iPhone et l’iPad, l’entreprise américaine révolutionne un nouveau marché, celui de la montre. Cette nouvelle technologie peut-elle trouver des débouchés dans l’avionique au même titre que ses prédécesseurs ont inspiré le cockpit Avionics 2020 ? Sylvain Hourlier, Expert Senior en Facteurs Humains chez Thales, a analysé pour Onboard ce nouveau produit et son potentiel d’applications futures.

Apple ne cesse de révolutionner le marché de la technologie entraînant dans son sillage d’autres industries. Depuis de nombreuses années, l’aéronautique a été le berceau d’innovations impactant notre quotidien. De par sa volonté de toujours pousser les limites de la technologie, Apple a redistribué les cartes et l’innovation dite ‘grand public’ est venue s’intégrer dans l’aéronautique. Une tendance que Thales a su prendre en compte en concevant sa nouvelle génération de cockpit Avionics 2020, qui pourrait encore connaître d’autres évolutions avec l’arrivée de la ‘smartwatch’.

A chaque sortie de nouveau produit émergent  de nouvelles interrogations sur leur déclinaison à d’autres domaines. Sylvain Hourlier, nouveau possesseur de l’AppleWatch, voit en ce produit ‘’une belle technologie, fiable et bien faite dont l’une des réelles utilités repose sur le fait qu’il est possible de répondre à un appel sans avoir son téléphone sur soi. La montre permet également de lire et répondre à des SMS.’’

Mais comme chaque nouvelle technologie, certains points restent à améliorer. ‘’Une montre se regarde quelques millisecondes généralement. Pour l’AppleWatch on parle plutôt en secondes entraînant une fatigue dans l’avant-bras dû à la position en hyper-pronation (paume de la main vers le bas).’’

 

Vers une ‘smartwatch’ avionique ?

L’arrivée de la ‘smartwatch’ représente une avancée de plus dans la connectivité des hommes au quotidien. Cette nouvelle technologie peut-elle trouver des débouchés dans l’avionique ? ‘’C’est probable. Je pense qu’il est nécessaire que Thales se positionne sur ce nouveau concept,’’ estime Sylvain Hourlier. ‘’Les pilotes en seront équipés de toute façon à un moment ou un autre ».

Thales réfléchit déjà aux différentes façons de tirer bénéfice de ce nouvel outil. ‘ La multimodalité vient de s’enrichir d’une nouvelle venue : l’IHM portée légère et petite, servant de contrôle accessoire à une IHS classique pour un système déporté ». Et pour Sylvain, les opportunités sont vastes : « l’AppleWatch pourrait servir de lien de communication, de contrôle avec le cockpit lorsque le pilote est en cabine (monitoring météo, système, alarmes,.. ) mais aussi de lien sol-bord avant la mise en route. De même cala pourrait permettre d’assurer un monitoring des pilotes, de l’équipage pour garantir le respect des temps de repos et de récupération par exemple. Ou bien encore servir d’assistant gestionnaire du jetlag et des phases de repos/activité en décalé, … A nous de sculpter ce futur pour repousser davantage encore les limites de la connectivité »

 

L’AppleWatch vue par Sylvain Hourlier

 

En tant qu’Expert Senior en facteurs humains ET possesseur d’une AppleWatch depuis 1 mois, quel est votre avis d’expert ?

 

Ça se veut être une montre. Des montres d’exception, ça porte des noms prestigieux et ce sont des pièces d’orfèvrerie à complications qui continueront à fonctionner lorsqu’il n’y aura plus que des zombies sur terre. Utiliser le paradigme de la montre pour l’AppleWatch est une gageure… j’attends de voir quand je vais la passer sur mon poignet droit pour remettre ma vrai montre !

La techno : Du beau, du fiable et du bien fait. La montre résiste à la douche sans problèmes, je n’ai pas encore essayé la piscine mais d’autres l’ont fait et elle a survécu !

Ils refont le coup de l’iPhone : au début on le veut parce que c’est nouveau, ensuite on se dit « bof », et enfin on s’aperçoit qu’on ne peut plus s’en passer. Il y aura d’autres versions successives : AppleWatch 3GS, AppleWatch 4, 4S, 5, 5S, 6, etc… mais faudra attendre.

Du point de vue purement ergonomique : Ils devraient évoluer sur le positionnement au poignet afin de faciliter la lecture sans imposer une rotation pénible du poignet. A suivre. En plein soleil c’est moyen pour la lisibilité, et la nuit dès qu’on bouge un peu elle s’allume et c’est ambiance boite de nuit dans la chambre ! Enfin, pour les presbytes ce n’est pas mieux que la montre, sans lunettes il n’y a rien à voir !

Autonomie : Ce n’est pas dément, mais moins grave que ce qui était annoncé. Je la charge toutes les nuits (donc je ne peux pas m’en servir pour monitorer mon sommeil). Toutefois j’ai remarqué qu’il me reste souvent plus de 50% de charge quand je me couche. Il semblerait que la solution idéale soit de la charger 2h le soir avant de se coucher, la porter la nuit et de la recharger une heure le matin à son réveil, car elle se charge très vite (par induction sur son socle rond). A voir.

Health monitoring : il y a une foultitude de logiciels dédiés et interconnectés qui s’échangent les données monitorées, mais ce n’est pas complètement au point. Il reste du travail à faire…

La vie sans AppleWatch : Impossible, elle fait partie de ma vie. En tant que geek, je ne pourrai plus m’en passer !