Thales, acteur majeur des enjeux maritimes

De nouvelles missions, de nouvelles solutions (RDN n° 794 - novembre 2016)
Dans le cadre de la 25e édition d’Euronaval, la Revue de la Défense Nationale a publié un article de Pierre Eric Pommelet dans lequel le Directeur général adjoint, Systèmes de mission de défense, décrit les profondes mutations que connaît le monde de la défense et de la sécurité navales et aussi la manière dont Thales répond à ces évolutions.

Problématiques navales de défense et de sécurité

Du fait de la maritimisation du monde, de la montée en puissance de flottes de combat appartenant à des États nourrissant des ambitions régionales, voire globales, les rôles des marines évoluent, s’étoffent et se complexifient. Le combat de haute intensité, en haute mer, s’il reste une exigence forte, voire impérative, pour les marines majeures, fait dorénavant plus de place aux missions de déploiement et de soutien aux forces projetées dans les zones littorales, ainsi qu’aux missions de surveillance des zones et de protection des lignes de communication maritimes, de sécurité maritime et de lutte contre la pollution dont dépend très fortement  notre économie. Simultanément les prescripteurs gouvernementaux s’appuient de plus en plus sur des industriels majeurs, maîtrisant les nouvelles technologies
et disposant de solutions systèmes robustes.
 

Car les menaces sont multiples en mer.

La piraterie est une réelle préoccupation dans certaines zones (golfes d’Aden et de Guinée…). Le terrorisme peut menacer la navigation dans les passages resserrés (détroits d’Ormuz, de Malacca, de Bab-el-Mandeb, canal de Suez…) ou conduire des actions spectaculaires (bombe sale en container, vedette-suicide…) contre des infrastructures critiques ou de grands paquebots.

Les tragédies survenues en Méditerranée et le flux migratoire vers l’Europe ont par ailleurs attiré l’attention sur l’immigration illégale et les trafics d’êtres humains  corrélés. Ceux-ci, mais aussi les trafics de drogue, d’armes… privilégient le transit océanique. Leur neutralisation, sur de très vastes zones, fait nécessairement appel aux technologies les plus modernes (radars terrestres, aéroportés et embarqués, drones…). 

La surveillance et la maîtrise des zones économiques exclusives (ZEE) constituent un enjeu dont la France, bénéficiant de la deuxième ZEE mondiale, doit prendre davantage conscience. Biodiversité, gisements potentiels d’hydrocarbures et de minéraux… notre domaine maritime suscite les convoitises, bien audelà de la seule pêche illégale.
Thales Group - Pollution des océans
La pollution des océans et des littoraux est une préoccupation réelle pour les opinions publiques compte tenu des catastrophes survenues (marées noires…) et des  ébats autour du réchauffement climatique et de son impact environnemental (montée du niveau des mers, diminution des ressources halieutiques…). La mise en  oeuvre des moyens permettant de limiter certains risques (dispositifs anticollisions pour les navires, systèmes de management du trafic maritime…) rejoint en  conséquence les aspirations des citoyens.

Enfin, la mer reste un lieu privilégié de la confrontation des États. Les océans sont la scène sur laquelle les nations démontrent leur puissance lors des crises   internationales, qu’il s’agisse de conflits interétatiques (Libye), ou de crises humanitaires (Somalie…). Nous assistons à l’émergence ou à la résurgence de marines de guerre potentiellement menaçantes par la volonté de puissance qu’elles affirment, que ce soit pour faire valoir des revendications sur certaines zones océaniques  contestées, peser sur les lignes de communications en mer ou constituer des sanctuaires maritimes. La prolifération de nouveaux types de sous-marins classiques, pour certains à propulsion anaérobie, très discrets, bien adaptés aux mers peu profondes et au combat littoral, en est le signe le plus marquant. D’autant que la plupart des pays s’équipant de tels bâtiments acquièrent simultanément des avions de combat modernes et les armements air-air et air-mer associés, leur offrant la possibilité, conjointement à la possession de systèmes sol-air performants, de conjuguer aires de déni d’accès naval et aérien entravant, voire interdisant, toute action de coercition navale et aéronavale.
Dans ce contexte Thales est le partenaire de choix par excellence. Positionnée sur toute la chaîne de valeur, son offre s’étend sur l’ensemble du spectre, des équipements électroniques – radars, sonars, optronique, guerre  électronique, communication – à la réalisation et à l’intégration des systèmes de combat les plus perfectionnés.
Dans les trois domaines de lutte – sous la mer, en surface ou aéronaval – le groupe fournit des solutions adaptées à toutes les missions : protection des approches maritimes, sécurisation de la haute mer, protection des forces navales déployées, projection de puissance à partir des océans. À cela s’ajoute une vaste gamme de services, allant du continuum formation/entraînement à la refonte complète d’un système de combat, avec différents modèles contractuels, y compris pour assurer la gestion d’actifs.

Avec près de 20 % de son chiffre d’affaires consacré à la recherche et développement (R&D), Thales innove en permanence, développe de nouvelles solutions aux bénéfices des marines et des autres acteurs de la sécurité  maritime, tenant compte au plus près de leurs exigences et de leurs spécificités. La dualité de ses activités, partagées entre le civil et le militaire, lui confère une riche expérience dans les domaines essentiels de la transformation numérique que sont la cybersécurité et le recours aux « cloud » et « big data », expérience transposable, après adaptation, aux activités militaires navales et maritimes.


Détecter, identifier, analyser pour agir : les solutions Thales

Détecter, identifier, analyser pour agir : face à ces défis, Thales propose des solutions performantes, innovantes et sûres. Plus de 50 marines et organisations de garde-côtes font, aujourd’hui et depuis des décennies, confiance au groupe, dont les systèmes équipent plus de 500 navires.
 
La sécurisation des approches maritimes, des zones côtières, des ports, bases navales et des installations offshore est une mission difficile compte tenu de la multiplicité des risques et menaces (intrusion de navires et/ou d’aéronefs hostiles, trafics divers, naufrages, pollutions…) à prendre en considération. Détecter et identifier dans les trois milieux (dans les airs, en surface et sous la mer) constituent le préalable indispensable et structurant de toute action maritime ou navale. Ces tâches sont au coeur des compétences de Thales qui propose des solutions variées et complémentaires, allant du satellite au drone sous-marin. Le radar coast-watcher 100 détecte des  embarcations de la taille d’un canot pneumatique à des portées supérieures à 16 miles nautiques et des avions de tourisme à plus de 35.

Capacité du drone Watchkeeper X

Durée des missions
24/7
et 7j/7
Evolution de la mission
150 km
des côtes
Couvrance du radar
12 000 sq.
par heure
Pour étendre la portée de détection d’un patrouilleur, Thales propose le Fulmar-X, drone aérien léger catapultable, doté d’un moyen optronique. Dans le domaine du C4ISR, le système Maritime Commander met en réseau les principaux moyens de commandement, les capteurs et les applications métiers pour la conduite des opérations. Déployé à terre, sur les bâtiments de surface et les aéronefs de patrouille maritime, il garantit l’interopérabilité et la collaboration avec les services interministériels dans le cadre de l’action de l’État en mer. Dans le milieu sous-marin, Thales propose un ensemble de dispositifs de lutte anti-mines complet, cohérent et à la pointe de l’innovation technologique (sonar de coque, sonar remorqué ou embarqué sur des drones sousmarins…) permettant de sécuriser les approches des bases navales ou des ports.

Pour l’action en haute mer, Thales propose des solutions adaptées à la surveillance des ZEE et à la sécurité du trafic maritime. Configuration adaptée du système de combat TACTICOS1 , le système de management de combat léger MS-100 permet aux patrouilleurs de mener des missions de recherche et de sauvetage, de lutte contre l’immigration clandestine et la pêche illégale. Cette gamme se décline, vers le haut du spectre, avec le MS-150 qui permet de conduire des opérations navales, aussi bien côtières qu’hauturières, allant jusqu’au déni d’accès. Le radar Scout MK3, qui détecte des aéronefs de très petite taille, évoluant au ras des flots, ou des objectifs aux dimensions très réduites en surface quel que soit l’état de la mer, est l’instrument idéal pour prévenir les tentatives d’intrusion discrètes.

Compléments logiques d’un tel instrument, le système Vigile permet, dans le cadre d’une mission à proximité des côtes d’un État hostile, de surveiller les émissions électroniques de l’adversaire afin de disposer d’une vision du dispositif de ce dernier et de ses évolutions, tandis que les sonars Blue Watcher, Captas-1 et Captas-2 peuvent détecter les submersibles les plus discrets en eaux côtières comme à grande profondeur. La protection d’une flotte en mer requiert l’excellence en matière de capacités e lutte, anti surface, anti sous-marine et antiaérienne. Les systèmes Thales de management de combat MS-300 et MS-400 autorisent les navires à mettre en oeuvre leur armement et à gérer l’ensemble de leurs senseurs. Sur ce segment Thales dispose également d’une grande variété de solutions adaptées, que ce soient des sonars (Captas-4 et Flash), des radars, des systèmes d’écoute électronique ou de l’optronique. Conjuguant solutions de défense actives et passives, Thales a conçu pour les bâtiments de combat l’I-Mast, intégrant capteurs radar et ESM (Electronic Support Measures) tout en accroissant la furtivité.

Le cadre d’une opération de projection de force en territoire adverse depuis la mer est le plus exigeant qui soit, en termes de protection et d’action offensive.  Pour assurer la protection de la task-force et des troupes  débarquées contre toutes les menaces, y compris SRBM (Short Range Ballistic Missile) et IRBM (Intermediate Range Ballistic Missile), Thales propose les MS-500 et MS-1000, déclinaisons les plus ambitieuses de TACTICOS et,  entre autres senseurs, les radars AESA Smart-L EWC et SeaFire 500, qui détectent et conduisent l’interception des missiles de croisière supersoniques comme des missiles balistiques.
Thales Group - Collins Submarine

La coordination de tous ces moyens est un métier à part entière.

En conséquence, Thales a développé les systèmes C4ISR permettant à chacun des acteurs de travailler conjointement via un réseau d’outils de communication et de bases de données sécurisées, permettant d’avoir une vision commune et en temps réel des opérations. Ce sont les fonctions d’Aquilon, qui contrôle l’ensemble des communications internes et externes des navires, et de CYBELS (CYBer Expertise for Leading Security), qui assure la cyberdéfense des systèmes embarqués contre les agressions adverses.


Thales propose des services de soutien et de formation externalisés, permettant aux marines de réduire leurs coûts.

Ces métiers dits de Force Readiness, autorisant le maintien d’un taux de disponibilité opérationnelle élevé, sont un segment de plus en plus important. Au-delà de ses traditionnelles missions en matière de maintien en condition opérationnelle (MCO), Thales a acquis une expertise de gestion de chantier naval, de modernisation de navires et de systèmes embarqués, permettant d’allonger sensiblement la durée de vie opérationnelle des bâtiments. Cette activité de prestation de services se décline aussi en termes de formation à destination des équipages via, notamment, l’usage de simulateurs, mais peut aussi 91 se concevoir dans bien d’autres domaines (contrat « à l’heure de vol » de drones, permettant d’économiser des coûts d’acquisition et de MCO…).
La grande proximité de Thales avec les donneurs d’ordre des pays majeurs et de l’Otan lui permet de présenter sur la scène internationale des systèmes tenant compte de l’évolution constante des besoins opérationnels.
Fort de ses atouts, Thales est présent sur un grand nombre de programmes européens. Ainsi, en Grande-Bretagne, sont, entre autres, menés les programmes MMCM (Maritime Mine Counter Measures), faisant l’objet d’une coopération franco-britannique, T26 (2) et porte-avions Queen Elisabeth. En France, Thales, en partenariat étroit avec DCNS, est l’acteur majeur dans les programmes navals tels que la Frégate multimissions (Fremm) européenne et la Frégate de taille intermédiaire (FTI) ou encore le sous-marin Barracuda. Cette coopération avec DCNS, aux côtés de la Marine nationale est clé pour le succès de l’offre navale France sur le marché export.

La 25e édition d’Euronaval a été l’occasion pour le groupe de présenter tout particulièrement ses nouvelles solutions dans l’ensemble du spectre naval (senseurs, systèmes, cyber, services…), répondant aux nouveaux besoins des missions de surveillance maritime jusqu’aux missions de haute intensité et adaptées à tout type de plateformes, y compris pour les drones.
 
Fort de ses 20 000 ingénieurs, des 3 milliards d’euros réinvestis chaque année en R&D, Thales dispose du plus vaste portefeuille naval au monde. Par ses nombreuses innovations le groupe répond, dès aujourd’hui, aux défis de demain.