Le métro de Londres va bénéficier d’une modernisation importante sur 40% de son réseau

points clés

  • Les lignes Circle, District, Metropolitan et Hammersmith & City – soit 40 % du réseau – vont bénéficier d’une modernisation radicale.
  • Pour des millions de voyageurs, l’augmentation des capacités d’un tiers sur ces lignes sera synonyme de rames plus rapides et plus fréquentes.
  • Jusqu’à 1 100 emplois et 60 contrats d’apprentissage seront préservés ou créés.
  • Cet investissement est vital pour soutenir la croissance économique de Londres.

 

L’organisme public responsable des transports en commun de Londres (Transport for London) a confié à Thales, fournisseur global de systèmes de transport, la modernisation de quatre lignes du métro. Ce contrat porte sur le système de signalisation et de contrôle des trains.

Cette nouvelle phase de travaux du Tube permettra à des millions d’usagers des lignes Circle, District, Metropolitan et Hammersmith & City de voyager plus rapidement, sur des rames circulant de manière plus fiable et à des intervalles plus rapprochés. Cette modernisation favorisera la création ou le maintien de 1 100 emplois et de 60 contrats d’apprentissage, à Londres et dans tout le Royaume-Uni.

Ce programme majeur augmentera les capacités d’environ un tiers sur les quatre lignes prévues, ce qui est essentiel pour adapter le réseau métropolitain à la croissance démographique de la capitale britannique. Selon les estimations, la population londonienne va passer de 8,6 millions d’habitants aujourd’hui à 10 millions d’ici 2030. Les travaux devraient commencer dans l’année et s’achever, pour l’essentiel, en 2022. Aux heures de pointe, dans le centre de Londres, jusqu’à 32 trains pourront se succéder en une heure, soit un train toutes les deux minutes, d’autres zones bénéficieront également d’une fréquence accrue.

D’ici 2016, les passagers profiteront déjà de services améliorés sur ces quatre lignes, puisque Transports for London prévoit d’introduire de nouvelles rames climatisées. Parmi les autres améliorations, citons également un système de contrôle ferroviaire qui augmentera les capacités de la ligne Circle en 2021 et assurera ensuite une meilleure desserte aux heures de pointe. Les travaux s’achèveront en 2023 avec l’amélioration des fréquences de circulation sur la ligne Metropolitan, aux heures de pointe comme aux heures creuses.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la modernisation déjà engagée ces dernières années sur d’autres lignes du métro londonien. Désormais, la ligne Victoria a une capacité allant jusqu’à 34 trains par heure et la ligne Jubilee jusqu’à 30 trains, soit des fréquences les plus élevées d’Europe. Depuis le début de l’année, la capacité de la ligne Northern a également augmenté avec 12 500 voyageurs supplémentaires par heure.

 

Nick Brown, Directeur exécutif de London Underground, estime : « Après avoir modernisé avec succès trois de nos lignes les plus fréquentées, nous voici prêts à lancer les travaux sur quatre autres lignes. Cette modernisation transformera le quotidien de millions de voyageurs, qui profiteront d’un service plus fiable et d’une meilleure fréquence des rames. Notre plan de livraison et notre échéancier sont clairs. Comme nous l’avons fait pour la Northern Line, nous maintiendrons le service pendant les travaux, nous continuerons de l’améliorer et de le fiabiliser jour après jour, en nous appuyant sur les progrès des dernières années qui ont permis d’atteindre un taux de retard historiquement bas sur notre réseau.»

 

Patrice Caine, PDG de Thales, commente : « Nous sommes très heureux d’avoir été sélectionnés par Transport for London et continuerons d’apporter notre expertise mondiale dans le domaine des systèmes de transport au métro de Londres. Notre technologie est exploitée sur plus de 80 lignes de métro dans 40 grandes métropoles du monde, dont New York, Dubai, Shanghai et Hong Kong. À en juger par la réussite des lignes Jubilee et Northern, les voyageurs profiteront bientôt, sur les lignes Circle, District, Metropolitan et Hammersmith & City, de trajets plus rapides, de rames moins bondées et de services plus fiables. Une fois ces travaux achevés, 60 % du métro londonien aura été modernisé à l’aide des technologies de signalisation Thales »

 

Ce contrat, signé avec Thales, représente 760 millions de livres sterling, soit environ 1 milliards d’euros. La refonte de la signalisation affiche un coût au kilomètre comparable à celui de la modernisation réussie de la ligne Northern. Ce coût est moitié moins élévé que celui de la rénovation des lignes Jubilee et Victoria, réalisée dans le cadre des accords de partenariat public-privé auxquels le maire de Londres a préféré mettre un terme il y a cinq ans.

Le budget global de 5,41 milliards de livres a été confirmé, il représente 131 millions de livres de moins qu’une première estimation présentée en mars. Ce budget inclut la construction au Royaume-Uni de 191 rames de métro climatisées, comme celles déjà adoptées sur les lignes Metropolitan, Circle, District et Hammersmith & City. Il comprend également des améliorations destinées à optimiser ces nouveaux trains : nouvelles voies, plates-formes allongées, dépôts rénovés et bénéficiant de technologies de pointe pour une fiabilité ferroviaire optimale.

Tous ces travaux seront réalisés dans le cadre du plan stratégique de Transport for London. Le rapport avantage-coût du programme devrait avoisiner 4,7 pour 1, c’est-à-dire que chaque livre sterling investie procurera à Londres un bénéfice économique de 4,7 livres. Une fois ces quatre lignes modernisées, London Underground s’attaquera aux lignes Piccadilly, Central, Bakerloo et Waterloo & City, en introduisant notamment de nouvelles rames et de nouveaux systèmes de contrôle.

Notes aux rédacteurs

  • Les lignes Circle, District, Metropolitan et Hammersmith & City représentent près de 40 % du réseau métropolitain londonien, et comprennent notamment la partie la plus ancienne, construite en 1863. Outre le centre de Londres, ces lignes desservent aussi les banlieues ouest, nord-ouest et est de la capitale britannique. À elles seules, elles transportent environ 1,3 million de passagers par jour – soit plus que le réseau ferroviaire entier de nombreux pays européens.
  • Une partie du système de signalisation actuel aurait bien sa place dans un musée. Si son exploitation depuis le début du siècle dernier s’est faite en toute sécurité, ce système reste très basique : il est en effet incapable de réguler des trains suffisamment rapprochés pour assurer aux Londoniens le service à haute fréquence dont ils ont besoin. À l’issue du programme de modernisation, les rames se succéderont toutes les 2 minutes sur l’essentiel du réseau en centre-ville.
  • Les Londoniens constatent déjà une amélioration, intervenue en peu de temps. En 2011, le maire Boris Johnson avait en effet fixé comme objectif de réduire les retards de 30 % d’ici fin 2015. Depuis, London Underground a travaillé sans relâche, jusqu’à atteindre un taux de retard historiquement bas et devrait réaliser l’objectif visé cette année.
  • Parmi les solutions adoptées par London Underground pour réduire les retards figurent :
    • Une technologie avancée de surveillance des signaux qui prévient des pannes potentielles, doublée de systèmes automatisés de surveillance des rails (Automated Track Monitoring Systems) qui identifient automatiquement tout problème sur la voie et permettent ainsi de planifier des actions correctives pour limiter les perturbations pour les passagers.
    • Le recours aux « Hit Squads », équipes chargées de la maintenance complémentaire des tronçons les plus vétustes, en attendant leur rénovation
    • la collaboration avec British Transport Police (BTP) afin de réagir plus vite aux incidents et permettre aux équipes d’urgence d’intervenir en conditions dites « blue light ». 
    • Le renforcement des capacités d’intervention du réseau en cas d’incidents, et le regroupement des équipes d’intervention et des agents d’accompagnement des trains au sein d’un seul centre de contrôle afin d’accélérer la résolution des incidents. 
    • Les protections apposées aux systèmes d’alarme sur les trains qui ont considérablement réduit le nombre d’activations accidentelles et, donc, les retards superflus. 
    • La modernisation de la signalisation des voies et des rames sur les lignes Victoria et Jubilee qui sont plus fiables respectivement de 74 % et de 67 % depuis 2010-2011. 
    • La modernisation de la signalisation de la ligne Northern, la plus fréquentée du réseau, qui a maintenant atteint des niveaux comparables de fiabilité.