L’IA perçue comme la nouvelle menace interne des organisations
- Alors que les systèmes d’IA obtiennent un accès plus large aux données d’entreprise dans tous les environnements, les organisations doivent traiter la visibilité et le chiffrement des données comme des éléments de sécurité essentiels.
- Les deepfakes et la désinformation activés par l’IA accroissent l’efficacité des attaques basées sur l’identité. Près de 60 % des entreprises signalent des incidents causés par des fakes profonds, et 48 % subissent des dommages dus à la désinformation générée par l’IA.
- L’investissement dans la sécurité de l’IA progresse : 30 % des entreprises disposent désormais d’un budget spécifique pour face à cette menace, tandis que 53 % doivent se contenter de leurs budgets de cybersécurité existants.
© Thales
Selon le Thales 2026 Data Threat Report, les entreprises déclarent que l’accélération de la transformation induite par l’IA est désormais leur plus grand défi en matière de cyber sécurité. D’après ce rapport, mené par S&P Global 451 Research, 70% des entreprises citent l’IA comme leur principal risque en matière de sécurité des données. Cette préoccupation ne concerne pas seulement l’IA malveillante, mais aussi l’accès accordé à l’IA, devenue un « initié de confiance ».
Alors que les entreprises intègrent l’IA dans les flux de travail, les analyses, le service client et les pipelines de développement, ces systèmes bénéficient d’un accès étendu et automatisé aux données de l’entreprise, souvent avec moins de contrôles que ceux appliqués aux utilisateurs humains.
« Le risque interne ne concerne plus seulement les personnes. Il s’agit également de systèmes automatisés qui ont été approuvés trop rapidement, déclare Sebastien Cano, vice-président senior, produits de cybersécurité chez Thales. « Lorsque la gouvernance des identités, les politiques d’accès ou le chiffrement sont faibles, l’IA peut amplifier ces faiblesses beaucoup plus rapidement que n’importe quel humain dans tous les environnements corporate. »
Les écarts de visibilité s’élargissent à mesure que l’IA étend la portée des données
Le rapport révèle une troublante déconnexion entre l’adoption de l’IA et le nécessaire contrôle des données. Seules 34 % des organisations savent où se trouvent toutes leurs données, et seulement 39 % peuvent les classer complètement, alors que près de la moitié (47 %) des données sensibles du cloud restent non cryptées.
À mesure que les systèmes d’IA ingèrent et exploitent des données à travers des environnements cloud et SaaS, le manque de visibilité rend de plus en plus difficile l’application du principe du moindre privilège, c’est-à-dire l’attribution de droits d’accès strictement nécessaires. Cela accroît le niveau d’exposition en cas de compromission des identifiants.
L’infrastructure d’identité constitue désormais la principale surface d’attaque. Le vol d’identifiants demeure la technique d’attaque la plus répandue contre les infrastructures de gestion cloud, citée par 67 % des organisations ayant subi des attaques dans le cloud. Par ailleurs, la moitié des organisations considèrent la gestion des secrets parmi leurs principaux défis en matière de sécurité applicative, ce qui reflète la complexité croissante de la gouvernance des identités machines, des clés d’API (interfaces de programmation applicative) et des tokens à grande échelle.
L’IA alimente des attaques plus convaincantes
Alors que les organisations se précipitent pour adopter l’IA, les attaquants font de même. Près de 60 % des entreprises signalent avoir subi des attaques basées sur des deepfakes, et 48 % signalent des atteintes à la réputation liées à des campagnes de désinformation ou d’usurpation d’identité générées par l’IA.
En plus d’introduire de nouveaux risques, l’IA accroît également ceux déjà existants. L’erreur humaine contribue déjà à 28 % des violations, et avec l’automatisation superposée, les petites erreurs peuvent évoluer plus rapidement et se propager plus largement.
L'investissement dans la sécurité change, mais pas suffisamment par rapport à l’ampleur des risques
Bien que les organisations reconnaissent la nécessité de s’adapter, l’investissement ne suit pas le rythme de l’expansion rapide de l’accès et de l’automatisation basés sur l’IA. Seulement 30% d’entre elles consacrent désormais des budgets spécifiques à la sécurité de l’IA.La majorité (53 %) dépend encore de programmes de sécurité traditionnels conçus principalement pour les utilisateurs humains et les contrôles basés sur le périmètre. Alors que les machines authentifient, accèdent et agissent de plus en plus de manière autonome, les modes opératoires de sécurité doivent encore s’adapter à ce changement de paradigme.
« Alors que l’IA devient profondément intégrée aux opérations de l’entreprise, la visibilité et la protection continues des données ne sont plus facultatives », déclare Eric Hanselman, analyste en chef chez S&P Global 451 Research. « Les organisations doivent considérer leur stratégie de sécurité des données comme fondamentale pour l’innovation, et non pas séparée de celle-ci. » [i]
La confiance doit évoluer aussi vite que l’IA
L’IA ne remplace pas les menaces traditionnelles ; elle les intensifie plutôt, en augmentant leur vitesse, leur échelle et leur portée. C’est la raison pour laquelle les organisations doivent repenser l’identité, le chiffrement et la visibilité des données en tant qu’infrastructure centrale. Les organisations qui intègreront une gouvernance solide dans leurs stratégies d’IA seront mieux placées pour innover en toute sécurité et éviter de transformer l’IA en menace interne.
Pour plus d’informations, veuillez télécharger le rapport complet et participer à notre webinaire animé par Eric Hanselman, Chief Analyst chez S&P Global 451 Research.
[i] Thales 2026 Data Threat Report, 2026, commandé par Thales et réalisé par S&P Global 451 Research.
À propos de Thales
Thales (Euronext Paris: HO) est un leader mondial des hautes technologies pour les secteurs de la Défense, de l’Aérospatial et de la Cybersécurité & Digital. Son portefeuille de produits et de services innovants contribue à répondre à plusieurs défis majeurs : souveraineté, sécurité, durabilité et inclusion.
Le Groupe investit plus de 4 milliards d’euros par an en Recherche & Développement dans des domaines clés, en particulier pour les environnements critiques, tels que l’Intelligence Artificielle, la cybersécurité, le quantique et les technologies du cloud.
Thales compte plus de 83 000 collaborateurs dans 68 pays. En 2024, le Groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 20,6 milliards d'euros.
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