Avec l’Institut Curie, Thales met ses technologies critiques au service de la lutte contre le cancer
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Dans la lutte contre les cancers les plus complexes, une piste technologique suscite aujourd’hui de grands espoirs : la flashthérapie qui promet de traiter les tumeurs les plus difficiles. A cette fin, le projet de radiothérapie FRATHEA (Flash RAdiation THerapy Electron Acceleration), porté par l’Institut Curie avec le CEA, associe désormais Thales pour franchir une étape décisive : transformer une technologie encore expérimentale en un dispositif stable, sûr et reproductible afin d’ouvrir la voie à des essais cliniques.
L’objectif est ambitieux : construire, sur le site d’Orsay de l’Institut Curie, une plateforme de radiothérapie FLASH utilisant des électrons de très haute énergie, dits VHEE pour Very High Energy Electron. Cette installation unique au monde doit permettre de démontrer, d’ici 2029, l’efficacité et la sécurité de cette approche avant de traiter des patients atteints de cancers au pronostic particulièrement défavorable.
Découverte en 2014 dans les laboratoires de l’Institut Curie, la radiothérapie FLASH permet de délivrer en moins d’une seconde des rayonnements très intenses et ciblés pour détruire les cellules cancéreuses tout en épargnant fortement les tissus sains. Les technologies actuelles atteignent difficilement les tumeurs profondes. FRATHEA cherche à lever ce verrou en combinant l’effet FLASH avec des électrons de 100 à 200 MeV, contre environ 10 MeV en radiothérapie conventionnelle.
Thales, intégrateur industriel d’une rupture médicale
« Le rôle de Thales est de transformer une exigence médicale et scientifique en machine. L’Institut Curie sait ce qu’il veut obtenir : un effet FLASH, un niveau d’énergie, une rapidité et une précision. Notre apport consiste à concevoir l’accélérateur capable de délivrer ce faisceau »
Antoine Loidreau Directeur des instruments scientifiques chez Thales
La légitimité de Thales repose sur des compétences développées depuis 50 ans. « Nous fournissons déjà des sous-ensembles pour de grands accélérateurs, en particulier pour l’’amplification radiofréquence qui est le véritable moteur des accélérateurs et c’est le cœur de notre métier. Nous avons également une longue histoire de coopération avec le CEA autour des accélérateurs, pour des besoins scientifiques ou souverains », souligne Antoine Loidreau. L’enjeu n’est pas seulement de produire un faisceau puissant. Il faut aussi le piloter avec une extrême précision, presque comme « un pinceau qui viendrait dessiner la tumeur, et uniquement la zone à traiter », précise-t-il.
Cette puissance doit permettre d’atteindre des tumeurs profondes, jusqu’à environ vingt centimètres dans le corps humain. L’objectif est de pouvoir traiter des cancers comme celui du poumon, du pancréas, les tumeurs cérébrales ou certains cancers pédiatriques pour lesquels la radiothérapie conventionnelle est trop risquée. « Pour les équipes, c’est un projet extrêmement porteur. Il mobilise de la physique, de l’ingénierie, des technologies de très haut niveau, avec un impact sociétal évident », se félicite Antoine Loidreau.
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Un projet scientifique, industriel et souverain
Au-delà de la prouesse scientifique, FRATHEA porte aussi un enjeu industriel et souverain, celui de structurer une filière française et européenne autour d’une technologie médicale de rupture.
« Ce projet illustre un travail multidisciplinaire assez exemplaire : les équipes de Thales, de l’Institut Curie, du CEA, les chercheurs et les cliniciens doivent avancer ensemble pour transformer l’effet FLASH en réalité expérimentale puis clinique. »
C’est là que se situe le cœur du projet : faire passer une découverte de laboratoire à une plateforme technologique capable, demain peut-être, de changer la prise en charge des cancers les plus complexes.