L’IA en soutien du commandement et du contrôle

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© Adrien Daste - Thales

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Les derniers conflits de grande ampleur, en Iran ou en Ukraine, ont confirmé que le tempo de la guerre s’accélère. Le risque majeur est désormais temporel. Dans les centres de commandement et de contrôle (C2), l’intelligence artificielle s’affirme d’ores-et-déjà comme un atout stratégique incontournable pour conserver l’ascendant opérationnel. Il faut comprendre une situation tactique mouvante en exploitant le volume massif de données désormais disponible, planifier et agir plus vite que l’ennemi.

Pour en savoir plus

  • L’intelligence artificielle dans les systèmes critiques

    Les experts de Thales partagent leurs analyses dans une série d’articles « insight » et de Position Papers.

Tacticos pour la gestion du combat naval, Skyview pour les opérations aériennes, Atlas du côté des forces terrestres : ces solutions développées et commercialisées par Thales sont spécialement dédiées au commandement et au contrôle des armées. Elles permettent de préparer, de coordonner et de mener des opérations militaires avec précision et agilité. 

L’entrée en phase de tests, cette année, d’une nouvelle génération de C2 Thales centrée sur la donnée marque une étape décisive dans le déploiement de l’IA à plus grande échelle. Pensés dès leur conception pour intégrer cette technologie en profondeur, ces systèmes couvrent l’ensemble de la chaîne, de l’exploitation des données à l’aide opérationnelle.

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L’IA, accélérateur du tempo opérationnel

L’IA va aider le soldat, en charge du commandement et du contrôle, à synthétiser l’information, à prendre les bonnes décisions, pour in fine aller plus vite que l’ennemi.

Cyrille Guétin - Directeur technique chez Thales

« Compte tenu de la densité et de la diversité des senseurs et des effecteurs, la charge cognitive des équipes en charge du commandement et du contrôle est devenue très élevée. L’IA va les aider à synthétiser l’information, à prendre les bonnes décisions, pour in fine aller plus vite que l’ennemi », résume Cyrille Guétin, directeur technique chez Thales et co-auteur du Position Paper « L’intelligence artificielle pour les centres de commandements et de contrôle ».

L’apport de l’IA dans les C2 tient d’abord à sa capacité à transformer des masses de données hétérogènes en informations exploitables immédiatement. Textes, images, vidéos, sons, signaux radar ou sonar : les sources sont nombreuses, souvent incomplètes, parfois imprécises ou difficiles à interpréter par des approches statistiques classiques. 

Une solution logicielle augmentée à l’IA contribue à l’élaboration d’une situation tactique (SITAC) complète et à jour. Celle-ci constitue la base de la prise de décision : elle agrège les détections issues des capteurs et les informations échangées entre unités. Elle aide à anticiper les mouvements adverses et à optimiser l'emploi des moyens de renseignement (essaims de drones notamment). En analysant de grands volumes de données sur un temps long, l’IA peut repérer des patterns d’activité, identifier des signaux faibles, révéler des corrélations difficiles à percevoir et aider à comprendre l’évolution d’une menace. 

L’IA propose une synthèse visuelle de la situation et des scénarios d’action qui peuvent prendre la forme d’ajustements tactiques immédiats, de plans superposés sur une carte opérationnelle ou de recommandations destinées à éclairer le commandement. Dans un environnement de combat où la boucle OODA (observer, orienter, décider, agir) se raccourcit, l’enjeu est de fournir une vision synthétique, fiable et actualisée de la situation.

© Adrien Daste - Thales

Leurrage, empoisonnement et autres risques cyber : renforcer la robustesse des IA

Si l’émergence de cette technologie dans le domaine du commandement va révolutionner la pratique militaire, elle expose aussi les systèmes C2 à de nouvelles vulnérabilités. Comme l’humain, l’IA peut être leurréeAu-delà du piège classique (un faux site militaire avec des maquettes gonflables de chars), qui peut tromper une IA au même titre qu’un humain, le leurrage passe aussi par l’empoisonnement des données d’entraînement de l’outil, ou par la création d’appâts numériques injectés dans les flux de données de renseignement. « Il est très simple de créer un deepfake, de le diffuser sur les réseaux sociaux pour orienter l’adversaire vers une cible imaginaire », explique Katarzyna Kapusta, experte en cybersécurité et co-autrice du Position Paper. 

Pour y répondre, Thales a constitué une équipe de « Friendly Hackers », mobilisée dès la conception des systèmes, puis lors de leur évaluation. Elle a développé une librairie, BattleBox, qui rassemble des outils d’attaques et de défenses spécifiques, tel que des détecteurs de deepfakes et de portes dérobées dans un modèle.

« L’une des parades aux attaques tient dans le monitoring de l’IA et de son comportement, en suivant des règles préétablies et dans la capacité à expliquer les décisions qui sont prises », complète Katarzyna Kapusta. 

Ces IA performantes, mais aussi fiables, résistantes aux attaques, frugales et intégrées de manière à assurer un contrôle humain strict requièrent une approche technologique spécifique. Ce sont celles que Thales développe pour ses systèmes de commandement et contrôle.

© Adrien Daste - Thales

En savoir plus

Thales accélère l’intégration de l’intelligence artificielle au cœur des systèmes critiques grâce à une stratégie d’IA de confiance, qui associe des architectures robustes et sécurisées à la maîtrise des technologies d’IA les plus avancées.

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